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Historique du Marais Poitevin

 

Autrefois, la mer...

Le Marais Poitevin est un ancien golfe aménagé par l'homme au cours de ces dix derniers siècles. Une longue histoire...

Le comblement du Golfe des Pictons :

Il y a 8000 ans, un golfe marin occupait l'actuel Marais Poitevin. Parsemé d'îles calcaires émergentes, il s'étendait jusqu'aux portes de Niort. Avec l'aide des fleuves et rivières, l'océan commença à combler cet espaces qu'il avais mis tant ardeur à créer, le transformant en une immense vasière. Loin d'être achevé, le phénomène se poursuit encore aujourd'hui, inexorablement dans la Baie de l'Aiguillon. 

A la conquête de l'espace :

Dès le néolithique, l'homme s'installe sur les côtés qui bordent le golfe ; l'océan apporte une nourriture abondante et variée. Les Gallo-Romains le baptisent le Golfe des Pictons.

Il faut attendre le X ème siècle avant les premières ébauches d'aménagement. Au XII ème siècle, les moines commencent à édifier de puissantes abbayes, disposant des ressources financières pour entreprendre de grand travaux. De vastes espaces sont entourés de digues ; des canaux évacuateurs sont tracés. 

L'histoire retient surtout le fameux canal des Cinq - Abbés (qui date de 1217) : cinq abbayes. L'Absie, Saint Maixent l'Ecole, Maillezais, Saint Michel en l'Herm et Nieul sur l'Autize, se sont associées pour l'édifier. Ce canal ouvre la voie de l'assèchement du Marais Poitevin, dans le partie la plus proche de l'océan Atlantique, le plus facile à conquérir. Les digues, protègent les terres de l'intrusion marine autant que des eaux douces des fleuves en crues.

Deux zones peuvent alors être distinguées, les marais desséchés à l'intérieur des digues, et les marais mouillés à l'extérieur des digues, inondables et seuls réceptacles des crues. Ces premiers travaux sont malheureusement anéantis par la guerre de Cent Ans (1346-1453) puis par la période trouble des guerres de Religion (1572-1598).

L'émergence du Marais desséché :

Henri IV fait appel au savoir - faire et aux capitaux hollandais. L'ingénieur Humphrey Bradelay est nommé Maître des Digues et des Canaux du royaume. Il reprend les ouvrages existants, crée la Ceinture des Hollandais. Il introduit enfin le porte à flots à l'anse du Brault : elles bloquent la pénétration de l'océan dans le marais à marré haute, mais laissent s'écouler les eaux douces à marée basse.

Sous louis XIV, même si les aménagements sont de nouveau freinés par la révocation de l'édit de Nantes (1685) et par le départ des capitaux hollandais, mais la relève est assurée. De grands communaux (pâturage à usage collectif) sont créés pour maintenir la population ouvrières.

Tous ces travaux concernent les partie les plus proche de l'océan, à l'abri des inondations. A la fin du XVII eme siècle, le marais desséché quasiment sa physionomie actuelle, alors que les marais mouillés restent "sauvages" jusqu'à la fin du XVIII eme siècle.  

Les derniers grands travaux :

Au XIX ème siècle, les travaux se poursuivent dans le marais desséché, en particulier dans la zone des polders récents (le dernier date de 1965), pour gainiers des terres sur la mer.

L'heure est venue de s'occuper des marais mouillés. Les projets mis en œuvres sous le premiers Empire sont importants. L'évacuation des eaux de crues et la navigation constituent les principaux objectifs. La Sèvre Niortaise est destinée à devenir un axe de transport entre Niort et Marans. Parallèlement lois et décrets les endiguements et l'approvisionnement en eau des marais desséchés. Sous Louis Philippe, une ordonnance royale instaure, en 1833, la création de trois Syndicats des Marais Mouillés (un par départements). Ces associations forcées de propriétaires se répartissent désormais tâches et charges. De grandes rigoles sont tracées entre La Garette et Damvix et au Mazeau en 1845. Sans oublier le Canal du Mignon... L'Etat, assume une partie des travaux : canalisation de l'Autize en 1833, élargissement du Nouveau Béjou en 1836, curage de la Sèvre Niortaise en 1844... La conséquence de ces aménagements est de provoquer un écoulement tellement rapide qu'i faut à partir de 1850 construire des barrages et des écluses pour maintenir les niveaux d'eau l'été.

Les marais mouillés prennent alors un virage. Les roselières cèdent la place aux pâturages et aux cultures maraîchères. Les frênes et les peupliers, plantés vers 1820 pour stabiliser les berges et produire du bois de chauffage, dessinent les paysages actuelle de la Venise Verte. Le peuplier et la mojette (haricot demi - sec du Marais Poitevin) valorisent brutalement ces terres humides. Le Marais Poitevin offre alors un visage proche de celui que l'on connaît aujourd'hui ... un visage lentement modelé par l'homme.

 

 

 

 

La légende soutient que la mer se serait retirée en une nuit, à l'heures des vêpres, laissant place au Marais...


Abbaye de Maillezais


Porte à flots


Les communaux

Canal de la Ceinture des Hollandais

              

 

 

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