Ces dernières années les mutations ont
été tellement rapides et destructrices, qu’elles pourraient bien avoir le
dessus et condamné à jamais ce plus grand marais de l’Ouest, façonner
depuis des siècles par l’homme. Actuellement, le Marais Poitevin est dans
la zone limite. Reste à savoir si le point de non – retour n’est pas déjà
franchit…
L’attrait touristique du Marais
Poitevin repose plus sur une image d’Epinal surannée que sur des réalités
actuelles. L’image idyllique du Marais Poitevin est le transport des
vaches en barque. Cette pratique existe bien encore opté par une poignée
d’éleveurs, amoureux de leur pays et défenseurs des traditions ancestrale.
Mais pour combien de temps ? Encore quelques années, et ils prendront leur
retraite, ou bien ils seront obligé d’arrêté leur activité, faute de
moyens, (par la faute d’une société de plus en plus à la recherche de
rendement, au détriment de la qualité) puis ils emporteront avec eux une
tradition malheureusement révolue. Les routes, les chemins, les ponts, les
passerelles sont venus remplacer la traditionnelle barque à vache.
Plus encore que les pratiques
ancestrales, les paysages ont subit des transformations radicales.
Longtemps, le Marais Poitevin apparaissait comme un jardin verdoyant, plus
ou moins boisé selon les endroits. Près des maisons, il y avait encore des
cultures maraîchères qui s’étalaient dans de petites parcelles entretenues
avec le plus grand soin. La plupart sont aujourd’hui en friches. Encore
plus grave, jusqu’en 1973, 55000 hectares des 100 000 hectares du Marais
Poitevin étaient encore recouverts par des prairies humides naturelles. Le
maïs est arrivé et la majorité de ces prairies ont été mises en culture.
Ces prairies naturelles humides ne représentent plus que 25000 hectares
aujourd’hui. Même les zones les plus inondables de la « Venise Verte » ne
sont pas épargnées par le maïs, qui risque pourtant d’être recouvert et
détruit par les crues.
Cette mise en culture quasi – totale a
des incidences très graves sur le régime hydraulique. Tous les
cultivateurs souhaitent une nouvelle maîtrise de l’eau, avec des niveaux
d’étiage plus bas. Les conséquences sont terribles : l’eau n’est plus
retenue dans le Marais Mouillé, qui ne joue plus sont rôle d’éponge et de
zone – tampon. Dès que l’été arrive, plus aucun lâcher d’eau n’est
possible et la Sèvre Niortais ainsi que les autres rivières qui alimentent
le Marais Poitevin ne coulent plus. Cette situation est aggravée par
d’énormes pompages en amont, dans les bassins versants, dans les cours
d’eau qui alimentent le Marais Poitevin, voire directement dans les nappes
phréatiques. Situation paradoxale, la 2eme zone humide de France vient
parfois à manquer d’eau. C’était le cas durant l’été 1991, avec de
lamentable conséquences : des cours d’eau qui remontent vers les sources,
de l’eau saumâtre qui apparaît dans les nappes phréatiques… Plus que la
sécheresse, l’intensification de l’irrigation en amont était en cause.
Cet état des lieux désastreux et
alarmant est connu de tous les décideurs politiques (avide du pouvoir et
de l’argent), depuis une quinzaine d'année au moins, on promet des choses,
on attend toujours. Apporter une solution est délicat. La complexité
administrative n'arrange rien. Difficile de faire aller dans une même
direction trois départements, deux régions, et des entités aussi
différentes que le marais mouillé et le marais desséché. Tout le monde n'a
pas l'air convaincu que l'un ne peut exister sans l'autre.
Une chose est certaine, il est
nécessaire que l'état, assume ses responsabilités en aidant la mise en
place d'une agriculture qui soit viable et compatible avec la richesse
biologique du milieu, et en aidant financièrement les responsables de
l'entretien des canaux.
L'enjeu est de taille, l'évolution du
Marais Poitevin est très rapide et difficilement réversible. Si un
changement de politique ne s'opère pas, nous arriverons très vite à un
marais pourri, avec quelques villages "Disneyland" entretenus en partie
pour le tourisme, tandis que le reste du marais ne sera que canaux
bouchés, friches et cultures céréalières.
Ceux qui ont connu le Marais Poitevin
d’avant ces bouleversements, ont le sentiment d’un paradis perdu. Il avait
fallu environ mille ans pour que l’homme instaure un équilibre judicieux
entre la Nature et lui. Une décennie semble suffire pour mettre à bas une
organisation multiséculaire. C’est un peu comme si Notre – Dame – de –
Paris était démontée pierre par pierre, sans aucune considération pour ses
constructeurs
Jadis entretenus soigneusement, des
canaux ont été radicalement bouchés, remplacés par des tuyaux souterrains
posés par des draineuses. Ces engins monstrueux, venus des Landes,
utilisaient des lasers pour caler leur travail, pour pouvoir exploiter le
moindre millimètre de pente pour poser les drains. La science – fiction
avait fait irruption dans la réalité, contribuant à l’anéantissement du
Marais Poitevin. D’énormes pelleteuses viennent également recreuser des
canaux aux pentes abruptes : les plantes ne pourront plus s’installer sur
les berges, le poisson n’y viendra plus frayer, la loutre n’y trouvera
plus son gîte… La mort lente.
Il faut également parler de la
pollution des eaux qui se développe considérablement. Ou de ce projet
stupide et grotesque d'autoroute "Nantes - Niort" qui devait couper la
pointe Est du Marais Poitevin. Ou encore ce projets de décharge
industrielle en plein cœur d'une zone humide, quel honte. Les atteintes
portées au Marais Poitevin et à ces bassins versants sont bien plus
nombreuses que les agissements et propositions pour le sauver...
Je ne pouvais pas écrire ce texte, sans
parler d'un embarcadère situer à l'entrée de Coulon, qui a développé et
utilise des bateaux à moteurs qu'il appelle "hydreauplate". Sans réfléchir
aux conséquences de ces actes.
Je dois aussi parler de ces prétendus
Guides - Bateliers qui la saison estivale venue, se poussent sur les
berges avec leurs rames pour faire avancer leur barque, et abîment ainsi
les berges des canaux. Et qui pourtant n'hésitent pas à dire aux visiteurs
qu'ils transportent, qu'ils aiment le Marais. Dans ce paragraphe, je pense
plus particulièrement aux guides - bateliers des embarcadères du village
de Coulon.
Des centaines de milliers de visiteurs
viennent chaque année dans le Marais Poitevin, mais ont observent de très
fortes concentrations de touristes sur certains villages et embarcadères
du Marais Poitevin. Pourtant, le Marais Poitevin est grand, il y a de la
place pour tout le monde. Ce tourisme de masse n'est pas sans effet :
dérangement de la faune, dégradation des berges par des barques mal
manœuvrées, cueillette abusive de plantes protèges ou invasives.
Le tourisme n'est pas nuisible en soit,
à condition de faire les choses correctement en répartissant la
fréquentation et en proposant un véritable accompagnement des visiteurs
afin de les sensibiliser à la richesse et à la fragilité de ce milieu.
On propose une vitrine du Marais
Poitevin dans lequel tout irait pour le mieux afin que le visiteur reparte
heureux d'être contant. Peu d'acteurs touristiques considèrent
l'information et la sensibilisation comme une priorité. On parle de
batellerie traditionnelle alors qu'on promène les gens dans des bassines
qui n'ont plus grand chose à voir avec un "batai" ou une "piate" (barque
typique du Marais Poitevin), on parle de marais sauvage (aberration vu que
le marais n'existe que par la main de l'homme), on vend du pâté de
ragondin alors que peu de maraîchins en ont même goûté, des confiseries en
forme de mojette, (la plus part de ces produits ne sont pas produits dans
le Marais Poitevin), etc, etc….
Les pouvoirs publics (communes,
conseils généraux, régions, état, Europe) s'investissent et investissent
énormément pour le "développement touristique du Marais Poitevin". Les
campagnes médiatiques se multiplient. Des centaines de kilomètres de
chemins et de pistes cyclables sont créés sans forcément réaliser d'étude
d'impact préalable et cohérente.
Alors que des sommes faramineuses sont
accordées à ce " développement touristique ", on oubli de poser des
questions nécessaires. On semble oublier que les visiteurs viennent
découvrir, un paysage et une biodiversité exceptionnellement riche. Mais
parmi les gens qui vivent du tourisme, combien participent à l'entretien
du marais ? Alors que les infrastructures élémentaires (assainissement,
équipements divers…) manquent dans bien des villages, alors que les
acteurs de l'entretien manquent de moyens, on est à même de poser la
question de la priorité des investissements.
Le Marais Poitevin, resteras
authentique si des mesures sont prises pour maintenir les populations sur
place et si la civilisation avec son architecture, moderne ses tunnels,
ses autoroutes, et ses pollutions ne vient pas tout détruire. Aussi
j'espère que le Marais Poitevin va retrouvé rapidement son
label de Parc Naturel
Régional,
à
condition que la charte sois faite dans le bon sens.
L'agriculture et l'élevage son des
activités qu'il faut à tout prix maintenir, même s'il est nécessaire de
réfléchir à de nouvelles orientation.
Pendant des années les Maraîchins ont
lutté pour empêcher le passage de l'autoroute Nantes - Niort qui allait
déchiqueter le Marais, ils ont gagner cette bataille. Soyez sûrs qu'ils
continueront à défendre leur Marais Poitevin. Colliberts, Huttiers,
Ancêtres, dormez en paix, vous n'aurez pas votre petit musée sur un aire
d'autoroute près de ces affreux rubans d'asphalte. Pour connaître le
Marais Poitevin, il faut le mériter et l'aimer, il faut savoir quitter les
sables chauds des plages voisines, il faut aussi savoir y revenir. A
chaque visite on redécouvre un Marais différent, au fil des heures, des
jours, des saisons, des années et des villages.
En 2005 un nouveau combat pour les
irréductibles maraîchin contre un projet des élus de la C.A.N. (Communauté
d’ Agglomération Niortaise), semble planer à l’horizon. En effet, nos
bravent élus de la C.A.N, ont prévus de construire un incinérateur sur la
commune de Coulon, en plein sur le territoire du Parc Interrégional du
Marais Poitevin, et dans une zone classée Natura 2000, alors que
d’important efforts son engagé pour reconquérir le label du Parc Naturel
Régional. Autour du cite prévu, il y à plus 2500 hectares, qui son
exploité, par des agriculteurs « bio », qui doivent respecter un cahier
des charges de qualité : producteurs d’animaux, de laits, de blés, de
légumes, mais aussi de plantes médicinales. La bêtise humaine, n’a
décidément aucune limite. Encore une atteinte porter au Marais Poitevin.
Le Marais Poitevin, n'est l'apanage de
personne, mais constitue un bien collectif unique qu'on ne saurait céder
au profit exclusif des intérêts matériels de certaines catégories
sociales, qui pourtant lui font subir les conséquences d'activités dont
même la rentabilité laisse parfois à désirer !
Pourtant, j'ai de l’espoir. Un lieu qui
attire plusieurs centaines de milliers de visiteurs chaque année ne peut
pas mourir dans l’indifférence. Tous ces regards extérieurs portés sur le
Marais Poitevin permettent de mesurer l’ampleur des dégâts, souvent jugés
peu importants par les maraîchins, rompus aux modifications arbitraires de
leur milieu. Souvent impuissants, les habitants du Marais sont devenus
passifs et fatalistes. Pas tous, heureusement. Il en reste qui résistent.
Des agriculteurs qui préfèrent l’élevage traditionnel à la culture
intensive, des propriétaires de terrains qui nettoient encore leurs canaux
et leurs terrains, des jeunes qui reste vivre au pays pour ne pas laisser
leurs Marais mourir. L’avenir existe. Il est dans les mains de ces
irréductibles maraîchins qui doivent pouvoir compter sur le soutien du
Parc Interrégional du Marais Poitevin et les militants écologistes dons je
fais partis. Pour l’instant, ils paient cher le prix de leurs choix. Mais,
un jour, peut – être, ils connaîtront le bonheur d’avoir œuvré dans le bon
sens. Et le Marais Poitevin sera sauvé…
Quand le maïs prime, le Marais Poitevin
déprime :
Le Marais Poitevin est en danger du fait d’une
utilisation démesurée des ressources naturelles à des fins agricoles.
Lundi 13 juillet 2009 vers 9 h, une centaine de
"faucheurs volontaires" a investi la réserve d’eau de substitution d’Oulmes
dans le Département de la Vendée, avec pour slogan : « Quand le maïs
prime, le Marais Poitevin déprime ».
En Région Pays de la Loire et Poitou-Charentes, et
plus particulièrement dans le Marais Poitevin, un programme de plusieurs
réserves d’eau de substitution est prévu.
Rappelons qu’à la suite d’ une plainte au tribunal
administratif de Nantes, plusieurs projets ont été annulés, notamment dans
le département de la Vendée. Par ailleurs, la Cour de Justice Européenne a
rendu le 25 novembre 1999 un arrêt condamnant la France pour manquement à
ses obligations de protection du Marais Poitevin.
Les écologistes dénoncent le fait que ces réserves
d’eau de substitution, érigées en grande partie avec l’argent public,
Etat, Régions, Europe, pérennisent le maïs irrigué, néfaste à la
biodiversité..
La France produit et exporte du maïs, dont la
culture en été consomme 80 % d’eau et assèche les rivières et le Marais
Poitevin.
Pour moi, les réserves d’eau de substitution qui
sont remplies en hiver ne sont pas une solution et ce modèle agricole
productiviste est dépassé. Des solutions alternatives existent : le choix
de céréales moins gourmandes en eau et tout autant nutritives, le maintien
des bocages et haies boisées, une agriculture paysanne, saine, sûre, de
proximité et de saison, sans OGM, créatrice d’emplois, qui réponde aux
besoins croissants (et non pourvus en France) de produits biologiques.
Alors, pourquoi pas 30% d’agriculture biologique en 2020 vers 100 %
d’agriculture durable ?